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Être un athlète, qu’est-ce que ça veut dire? Est-ce un titre réservé à certaines personnes qui pratiquent un sport? Faut-il pratiquer un sport de haut niveau pour être considéré comme un athlète? Ceux qui jouent au hockey dans une ligue de garage sont-ils des athlètes? Les personnes qui s’inscrivent à des cours de Crossfit sont-elles des athlètes? La définition d’un athlète est très vague lorsqu’on y pense bien. Celle du dictionnaire n’aide pas vraiment, on réfère surtout à des pratiquants de l’athlétisme. Pourtant, tout le monde a une image qui lui vient en tête lorsqu’on évoque le mot. Bien souvent, ces images sont construites en fonction du contexte dans lequel le mot est utilisé le plus souvent dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire un pratiquant de sport, souvent d’élite ou au moins de niveau compétitif. Lorsque j’ai connu la profession d’entraîneur, j’étais moi-même un athlète. Je jouais au football, au soccer et au hockey, et l’idée d’aider et d’entraîner des athlètes était très stimulante; c’est pourquoi j’ai pris la décision de faire carrière dans cette profession. Pendant ma formation universitaire, je consommais les livres sur l’entraînement axé sur les athlètes de haut niveau. C'était incroyablement pointu et ils cherchaient à développer certaines habiletés physiques précises pour un but de performances élevées. Les emplois étant très compétitifs dans ce milieu, c’est très difficile pour un diplômé d’obtenir un emploi tout de suite en sortant de l’université. J’ai donc commencé ma carrière avec les Forces armées canadiennes afin de pouvoir garnir mon CV et pouvoir travailler avec un autre type de population toujours très motivé. C’est durant cette période que la réalité m'a frappé. Je travaillais avec une population qui cherchait encore une fois à travailler des habiletés physiques très précises dans un but de performance très élevé. J’ai eu la chance de pouvoir évaluer et entraîner des membres des Forces armées qui voulaient se présenter aux tests des forces spéciales. Ces personnes sont aussi des athlètes, des athlètes tactiques selon la National Strength and Conditionning Association (NSCA). J’ai aussi travaillé avec des membres des Forces armées qui avaient échoué le test physique d’entrée pour devenir un soldat recrue. Bien que ces personnes n’aspirent pas aux mêmes niveaux de performance selon mon point de vue, ils essayaient de se donner la chance à une carrière et pour eux, c’était très difficile, en plus d’être la plus grande performance de leur vie. Ils étaient eux aussi, selon la définition des athlètes (professionnels en plus, ils étaient payés pour s’entraîner avec des entraîneurs). Cette réalisation a vraiment changé ma perception de ce qu’est un athlète. Depuis mon passage dans les Forces armées, j’ai travaillé avec une population plus générale. Chez la majorité des gens, les objectifs étaient simples: garder une certaine autonomie et la perte de poids. De l’extérieur, ces objectifs peuvent ne pas ressembler à ceux d’un athlète, mais pour ces personnes qui prennent la peine de contacter un entraîneur et qui veulent mettre de l’énergie, investir des fonds dans leur santé et la préservation de leurs capacités physiques, garder leur autonomie et perdre du poids, cela représente leurs propres performances et ils doivent entraîner des habilités physiques bien précise afin de réussir. Depuis mon arrivée au centre FSWC, je ne vois que des athlètes. Des gens qui veulent prendre en main leur santé et continuer de s’entraîner afin de conserver leur autonomie et leur capacité physique. Ma définition d’un athlète a évolué grandement depuis le début de ma carrière. Pour moi, un athlète serait quelqu’un qui s’entraîne dans un but précis. Ça peut paraître vague comme définition, mais si tout le monde commence à l’utiliser, elle prendra toute la valeur qui lui revient avec le temps. Je voulais travailler avec eux après ma formation et je trouve que j’ai réussi. Antoine Viens
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